Les Autres de James HERBERT

Nicholas DISMAS est un enquêteur à la tête de sa propre agence. Abandonné à la naissance par une mère qui n’a pas pu assumer ses difformités, il réussit à se créer une vie plutôt agréable grâce à ses amis et à son travail, en dépit des remarques ou des regards blessants qu’un grande partie de la société lui impose. Engagé pour retrouver le fils disparu à la naissance d’une riche veuve, il va devoir faire équipe avec une voyante, enquêter sur des pratiques monstrueuses et apprendre qui il est vraiment.

J’aime bien les livres de James Herbert, et ce roman ne fait pas exception à la règle, en dépit de ses nombreuses longueurs. Je regrette le premier chapitre qui à mon avis en dévoile trop sur l’histoire à venir. Dismas, qui porte le nom du criminel crucifié en même temps que Jésus et qui se repentit, est un personnage attachant : il ne se laisse pas abattre par ses handicaps et assume ses bons et ses mauvais côtés.

Ce roman m’a fait passer un bon moment, même si certains développements étaient selon moi un poil trop prévisibles. A lire si vous en avez l’occasion.

Nuit d’été de Dan SIMMONS

Nuit d'été

Le dernier jour des cours dans Old Central, vieille école vouée à la démolition, un enfant disparaît. Personne ne croit sa sœur quand elle affirme qu’il n’est jamais sorti de l’établissement. Après tout, elle est bizarre et fait partie d’une des familles les plus pauvres de la ville. Certains élèves décident quand même de mettre à profit une partie de leurs vacances d’été pour enquêter. Ce qui commence comme un jeu vire très vite au cauchemar, entre les apparitions et les chuchotements dans le noir.

Nuit d’été commence sur des chapeaux de roues. Contrairement à d’autres romans de Dan Simmons où l’action est entravée par des tonnes d’explications scientifiques ou techniques, on ne s’ennuie pas un seul instant en suivant ces garçons d’une douzaine d’années confrontés à l’horreur et à la mort. Les enfants ont cette faculté de croire qui disparaît chez les adultes et qui leur permet de voir ce qui échappe à leurs parents.

Ce roman fait partie de mes préférés. Les héros sont très attachants : Mike l’enfant de Chœur, avec sa foi touchante ou Duane le surdoué qui passe son temps à écrire, pour ne citer qu’eux. Il n’y a rien à jeter dans ce roman, l’histoire est très bien écrite et prenante. Hautement recommandé pour passer un très bon moment.

L’Évangile cannibale de Fabien CLAVEL

Prévenus par leur doyenne, des petits vieux se claquemurent dans leur maison de retraite, les Muriers, pendant quarante jours et quarante nuits. Quand ils se décident à sortir, ils se retrouvent à errer dans un Paris plus désert qu’au mois d’Août à l’exception des zombies.

Le quatrième de couverture pose une question existentielle : « Qui se déplace le plus vite… un zombie ou un petit vieux en déambulateur ? » Ça m’a fait rire et je me suis dit que ce roman pouvait être marrant. Et puis la couverture de David Hartman est vraiment sympa. Alors, après l’avoir reluqué au cours de nombreuses visites chez mon libraire préféré, je l’ai pris. J’aurais dû me méfier.

Le narrateur prévient dès la première phrase : « Je suis un salopard. » Il ne ment pas. Il existe dans la littérature et dans la vie, des salopards qui ont des côtés attachants et qu’on ne peut pas s’empêcher d’apprécier en dépit de tout.. Ce n’est pas le cas de Mathieu, vieillard aigri, dont je me dis que sa femme a bien fait de l’envoyer aux Muriers pour profiter tranquillement des années qui lui restent.

L’idée de départ est bonne, et même si le narrateur est antipathique au possible, ce roman aurait pu être bien. D’ailleurs, selon certaines critiques il l’est. Je n’ai pas aimé l’histoire et certains passages m’ont choquée. En écrivant ces mots, j’ai l’impression d’être une vieille dame en dentelles qui regarde le monde à travers son face-à-main, mais je ne sais pas comment l’expliquer autrement. Je ne recommanderais pas ce livre.

Fées, weed et guillotines de Karim BERROUKA

Marc-Aurèle Abdaloff, détective privé, voit débarquer dans son bureau une jeune femme étrange répondant  au doux nom de Jaspucine qui l’engage pour retrouver une autre femme avec pour seul indice un sourire. Aidé de son ami Etienne Petiot, chef du Bureau des Crimes Extrêmes et de Premier de la classe, policier, puits de sciences et tête à claques, il se retrouve mêlé à une affaires de fées.

Oubliez les fées de Disney penchées sur un berceau et prêtes à délivrer mille bénédictions sur la tête d’un nouveau-né. Les fées, c’est plus ce que c’était, mais elles sont nettement plus drôles. J’ai adoré ce roman, l’histoire, les personnages… Tout !

J’ai commencé à le lire alors que j’étais dans une file d’attente, dans un supermarché. Je dois vous avouer que je ne sors jamais sans un livre dans mon sac : je peux oublier rouge à lèvres, téléphone portable voir portefeuille, j’ai toujours un livre sur moi pour profiter de la moindre occasion. J’étais donc, à attendre, un sac de courses à mes pieds, des gens moroses tout autour de moi et le roman dans les mains.

J’ai lu la réplique suivante :  » (…) Le problème est que les assignats, aujourd’hui, ça a autant de valeur qu’un autographe de Justin Bieber au Hellfest. » et là, j’ai eu un début de fou rire qui m’a valu des regards perplexes, voir désapprobateurs des autres personnes en train de faire la queue. Même maintenant, en écrivant cet article, je ne peux pas m’empêcher de sourire. J’avais adoré Le Club des Punks contre l’Apocalypse zombie, je ne peux que vous recommander Fées, weed et guillotines. Karim BERROUKA est pour moi un auteur à suivre.

Les puits de l’enfer de Graham MASTERTON

A la suite de fortes pluies, l’eau du puits de la famille Bodine installée dans une ferme à proximité de New Milford prend une teinte jaunâtre. Mason, le plombier appelé à la rescousse repart avec un échantillon et le récit du cauchemar de Jimmy Bodine, qui se noie dans de l’eau qui se trouve loin, très loin sous terre. Et bientôt l’eau a d’épouvantables conséquences sur l’apparence de ceux qui l’ont bu et des meurtres atroces se produisent dans la région.

Petit aparté avant de vous parler de ce roman : j’éprouve une grande affection pour la défunte collection Terreur de chez Pocket. Grâce à elle, j’ai pu enrichir les étagères de mes bibliothèques de beaucoup de livres d’horreur tout au long des années et je continue à le faire quand je fouille les piles de livres d’occasion, à la recherche de LA pépite qui ne serait pas encore passée entre mes mains. Bizarrement, j’ai trouvé « Les puits de l’enfer » sur mon lieu de travail. Une bibliothèque de prêt a été mise en place il y a quelques mois, occupée essentiellement par un nombre sidérant d’Agatha Christie et de quelques romans d’amour type Harlequin qui n’ont pas l’air de savoir ce qu’ils font là. La semaine dernière je suis passée en y jetant un vague coup d’œil comme d’habitude (je jette toujours un vague coup d’oeil sur tout entassement de livres que je croise sur mon chemin, c’est plus fort que moi) et là, mon regard a été attiré par une couverture noire avec un lettrage rouge que j’ai immédiatement identifiée comme étant un terreur de Pocket. J’aime beaucoup leur couverture et surtout leurs illustrations. Je me suis jetée dessus, pas si métaphoriquement parlant que ça, et là, j’ai eu l’excellente surprise de tomber sur un Graham Masterton que je ne connaissais pas. Cette trouvaille a illuminé ma journée et aboutit à cet article consacré bien plus à ce coup de chance qu’au roman lui-même.

Dans le genre horreur, Masterton n’est pas mauvais. Ce roman est intéressant pour son interprétation du culte de Cthulhu. L’horreur est présente, les personnages plutôt bien campés et Mason, le plombier, vit avec un chat du nom de Shelley qui joue un rôle non négligeable dans le roman. Mais ce dernier me fait l’effet d’un soufflé merveilleusement gonflé quand il arrive sur la table, qui ne s’effondre pas au moment du service mais qui laisse un arrière-goût un peu décevant. Je trouve la fin un poil trop rapide et même capillo-tractée.  Donc, pour moi, pas indispensable à lire mais si vous tombez dessus, l’occasion de passer quand même un bon moment.

Dirk Gently, détective holistique de Douglas ADAMS

Dans le premier, notre détective holistique propose une alternative au problème posé par le chat de Schrödinger et explique pourquoi un canapé est irrémédiablement coincé dans un escalier. Dans le second tome, il enquête sur une explosion dans l’aéroport d’Heathrow dont tout le monde revendique l’origine, à tout hasard. Dans les deux, il se révèle extrêmement créatif concernant le détail des factures qu’il envoie à ses rares clients et part du principe que tout est lié à un niveau ou à un autre.

Le quatrième de couverture de Un cheval dans la salle de bains indique : « De Sherlock Holmes à Philip Marlowe, il existe une longue tradition de détectives privés brillants, astucieux, à qui on ne la fait pas. Malheureusement, Dirk Gently n’en fait partie. » Comment résister à une telle présentation ? Moi, je n’ai pas pu et je ne le regrette pas. Je me suis amusée tout le long du roman et j’aime beaucoup l’histoire du canapé.

Douglas ADAMS manie l’art de l’absurde avec un certain talent, même si Beau comme un aéroport souffre de quelques longueurs et m’a un peu moins plu que le précédent. Mais il y a toujours des scènes ou des détails drôles et la confrontation avec l’aigle est un petit bijou du genre.

Le premier mérite vraiment d’être lu, le second un peu moins. Ils plairont tous les deux à ceux qui aiment l’humour anglais et son merveilleux « nonsense ».

 

La Malédiction d’Old Haven de Fabrice COLIN

Une orpheline de dix-sept ans, Mary Wickford, quitte le couvent qui l’a vue grandir en possession d’un étrange tableau et d’une mystérieuse amulette. Elle évolue dans une version alternative de l’Amérique, quelques années après les terribles procès en sorcellerie de Salem. Irrésistiblement attirée par la petite ville d’Old Haven, elle s’y installe mettant en branle une suite d’évènements qui vont changer la face de l’Amérique. 

Créer un univers post-Salem est une idée intéressante : l’Inquisition est tout ce qu’on imagine de ce que doit être une Inquisition, c’est-à-dire inhumaine, atroce et jamais en faveur du prévenu. (Il y a quelques années, j’ai découvert qu’une des méthodes utilisées par les chasseurs de sorcières était de jeter la présumée sorcière dans un trou d’eau profond. Si elle se noyait, elle était innocente et son âme était accueillie au Ciel. Si elle flottait, elle était coupable et on la brûlait. C’est une méthode qu’on pourrait qualifier de gagnant/gagnant du point de vue de l’inquisiteur, pas de celui de la victime innocente.) Malheureusement, il s’agit du seul point positif que je retiens de cette lecture.

Élevée dans un couvent jusqu’à ses dix-sept ans, je peux concevoir qu’on ne soit pas préparée aux dures réalités de la vie réelle. Mais ça n’empêche pas de faire preuve d’un minimum d’intelligence et de bon sens. L’héroïne est agaçante et selon moi, pas du tout attachante. L’inévitable histoire d’amour tombe comme un cheveu sur la soupe. L’édition de poche fait plus de six cents pages : il y a de nombreuses péripéties, quelques personnages intéressants et les classiques de ce genre d’histoire… mais rien à faire, la sauce ne prend pas. En fin de livre, on peut lire les deux premières pages du tome suivant : je ne l’ai pas fait et je n’ai aucune intention de l’acheter, j’ai suffisamment souffert  pour arriver au bout de ce roman…

Troupe 52 de Nick CUTTER

Un chef scout emmène cinq adolescents sur Falstaff Island, une île déserte, pour un weekend dans la nature. Le soir de leur arrivée, une homme visiblement très malade débarque, transformant leur sortie en cauchemar.

Ce livre est le genre de roman que j’évite de lire juste avant de me coucher pour ne pas être réveillée en plein milieu de la nuit par un horrible cauchemar. L’histoire est à la fois horrible et terrifiante. Nick Cutter est très efficace dans sa façon d’écrire : il sait appuyer sur les détails qui font se dresser les cheveux sur la tête tout en décrivant tellement bien ses personnages qu’on se prend de sympathie pour eux, ce qui rend le lecteur encore plus sensible à ce qui leur arrive.

Ce livre n’est pas à mettre entre n’importe quelles mains. Je le déconseille aux âmes sensibles et à ceux qui préfèrent une horreur suggérée à celle d’un film gore.

Le club des Punks contre l’Apocalypse Zombie de Karim BERROUKA

Alors que Deuspi et Fonsdé émergent de leur dernier trip à l’acide, ils découvrent que Paris s’est transformé en terre d’accueil pour les Zombies. Aidés de Kropotkine anarchiste et maître à penser, d’Eva militante punk pour la cause animale et de Mange-Poubelle qui lutte à sa façon contre le gaspillage de la société de consommation, ils vont devoir s’organiser pour enfin faire triompher l’anarchie.

Ce livre est complètement délirant. Grâce à lui, je ne regarderais plus jamais les punks de la même façon. Karim BERROUKA utilise une base d’histoire plutôt classique (la fin du monde zombie) pour camper des personnages atypiques et se lancer dans un récit qui sort des sentiers battus, avec beaucoup d’humour et de messages de lutte contre le MEDEF. Jubilatoire !

La Trilogie du Rempart Sud de Jeff VANDERMEER

Annihilation raconte la douzième expédition envoyée dans la Zone X. Dans Autorité, le nouveau directeur nommé au Rempart Sud prend ses marques. Avec Acceptation, on en apprend un peu plus sur la Zone X. 

Certains critiques trouvent que l’histoire fait penser à Lovecraft. J’avoue ne pas connaître suffisamment son œuvre pour savoir si c’est justifié ou non. J’ai trouvé cette écriture très dense, presque rebutante à certains moments, et pourtant je ne les ai pas lâchés avant la fin. Toujours le même principe qui veut que lorsque je commence un livre, je veux savoir comment il se termine. Je suis contente de l’avoir fait parce qu’au final, l’histoire qui se déroule ne m’a pas laissé indifférente. Elle m’a intriguée, malmenée et parfois même agacée. Ne pas laisser le lecteur indifférent, je crois que c’est ce que toute bonne histoire doit faire.

Cette trilogie a été adaptée en film, sous le nom Annihilation, avec Nathalie Portman dans le rôle principal. En général, aucune adaptation ne trouve grâce à mes yeux. Mais là, j’avoue que j’étais curieuse de voir comment on pouvait adapter cette histoire. La réponse est qu’on ne peut pas et le film n’essaye même pas : il respecte l’esprit et l’atmosphère du roman, reprend quelques éléments centraux mais a sa propre particularité. Il est intéressant dans le genre glaçant, mais je peux comprendre qu’il puisse ne pas plaire à tout le monde.