Pourquoi vous devriez lire Octave ?

Quatrième de couverture : Que faire quand on se retrouve inopinément avec un cadavre sur les bras ?
C’est la question qu’Octave, un comptable, est amené à se poser suite à un dîner désastreux. Il va devoir s’appuyer sur son esprit logique et son sens de l’improvisation pour échapper à la prison.

Pourquoi vous devriez lire Octave ?

  • parce que vous aimez l’humour et en particulier l’humour noir
  • parce que vous vous demandez demandez quel genre d’homme est Octave, un psychopathe ou un individu lambda
  • parce que vous avez lu le premier livre de l’auteur (Y a des jours comme ça) et qu’il vous a fait passer un bon moment
  • parce qu’il s’agit d’un roman court que les lecteurs les plus lents pourront finir en quelques semaines
  • parce que vous avez envie de connaître le nom du boxer le plus déprimé du monde
  • parce que vous vous demandez ce que vient faire un papillon dans cette histoire
  • parce qu’en ces temps de crises diverses et variées, vous pourrez le télécharger gratuitement pour votre liseuse ici, du 16 au 21 août et après l’avoir fini donner votre opinion à l’auteur qui n’attend que ça
  • parce que ça vous donnera un sujet de conversation qui sort du lot pour votre rentrée et que vous aurez la satisfaction de savoir que vous avez contribué à faire connaître un jeune auteur qui a beaucoup d’humour

Octave, Chapitre 1

Penché au-dessus de son invité, Octave se disait qu’il était vraiment un homme patient et que la violence ne faisait pas partie de sa nature profonde. Ses pensées pouvaient surprendre, sachant qu’à ce moment précis, Octave tenait à la main une bouteille de mauvais vin couverte d’un mélange de sang et de cuir chevelu et qu’il avait une vue imprenable sur le crâne défoncé de sa victime. 

Afin de mieux comprendre sa situation actuelle, il convient de remonter de quelques années en arrière et de s’intéresser à la rencontre de notre meurtrier avec sa femme, Jennifer.

Octave faisait ses premiers pas dans le cabinet comptable Chapuis et Fils quand il avait fait sa connaissance. Jennifer était grande, comme lui. Contrairement à Octave, elle ne passait pas inaperçue. Elle avait une crinière de cheveux qui devait tout de leur blondeur à M. Pascal de chez Frizz Style. Elle parlait d’une voix forte et assurée. Elle ne portait que des couleurs vives. Elle savait toujours exactement ce qu’elle voulait. 

Octave se souvenait avec précision de ce jour. La grande majorité des victimes d’événements tragiques qui ont bouleversé leur vie sont dans ce cas. Jennifer était venue déposer des papiers pour son patron de l’époque, client du cabinet. Elle avait posé un long regard calculateur sur lui, regard qui avait fait rougir le jeune homme qu’il était. Quelques minutes après, elle sortait du cabinet, lui ayant arraché un rendez-vous, premier d’une longue série dont il n’avait pas su se dépêtrer.

Si Octave avait eu un ami à l’époque, il lui aurait confié que Jennifer était comme une avalanche. On voyait des tonnes de neige se précipiter sur vous à toute allure et tous les abris existants sont bien trop éloignés pour vous être d’une quelconque utilité. Il n’y a plus qu’à se rouler en boule et à prier pour s’en sortir.

Des années après, Octave se demandait encore ce que sa femme avait vu chez lui. Il n’attirait jamais l’attention. Il était timide et solitaire. L’expression « grand échalas » semblait avoir été créée pour lui. Pendant ses études, une camarade lui avait dit qu’il avait des yeux magnifiques, d’un vert bouleversant. Comme il les gardait le plus souvent baissés, peu de personne dans son entourage les avait remarqués.

Sans comprendre ce qui lui arrivait, Octave s’était retrouvé fiancé au bout de six mois, marié au bout de dix-huit. 

Sur les photos de mariage, il ressemblait à un lapin pris au piège dans la lumière des phares d’un camion. Ses parents n’avaient rien dit le jour où il leur avait fait part de ses fiançailles, ce n’était pas dans leur nature de critiquer les choix de qui que ce soit. Sa mère avait posé sur lui un regard plein de pitié le jour où il leur avait présenté Jennifer. Elle avait pleuré pendant toute la cérémonie. Son père lui avait longuement serré la main et lui avait tapoté l’épaule, comme si Octave s’apprêtait à partir combattre seul en territoire ennemi.

Miraculeusement, Jennifer était morte trois ans et demi après qu’ils se soient dit oui en la Mairie de Montpellier. Sa femme avait refusé une cérémonie religieuse, piétinant les croyances dans lesquelles Octave avait été élevé. Elle s’était étouffée avec un os de poulet.

Excessive en tout, Jennifer mangeait comme un ogre et chaque semaine elle commandait un poulet fermier chez le boucher. Octave avait droit aux ailes, qu’il détestait. Sa femme mangeait le reste. 

Depuis leur mariage, sa gloutonnerie n’avait plus de frein. Octave dormait sur un tiers de matelas, persuadé qu’elle finirait par l’expulser complètement du lit d’ici quelques années. Jennifer avait après tout deux passions dans la vie : la nourriture et accabler son mari. Tout en engloutissant des repas pantagruéliques, elle critiquait tout ce qu’il faisait. Le jour de l’os de poulet, elle lui reprochait son manque d’ambition quand elle s’était interrompue au milieu d’une phrase.

L’événement était suffisamment rare pour décider Octave à lever la tête de ses ailes de poulet. Jennifer se griffait la gorge, le visage de plus en plus rouge. Pendant un moment, il n’avait pas bougé. Pas parce que la surprise l’avait paralysé, non. Plutôt parce qu’il avait envisagé de laisser la nature suivre son cours. Octave avait fini par se lever pour appeler les secours. La charmante jeune personne qu’il avait eu au téléphone lui avait conseillé la manœuvre de Heimlich, le temps que les ambulanciers arrivent. 

En toute honnêteté, même s’il avait voulu la tenter, les bras d’Octave n’avaient pas l’envergure nécessaire pour faire le tour de sa femme. De plus, Jennifer dont le visage avait pris une vilaine couleur aubergine pendant l’appel, titubait autour de la table de la salle à manger, renversant meubles, vaisselles et bibelots en porcelaine. Le comptable se demandait ce qui se passerait si elle lui tombait dessus : mourir étouffé sous le corps de son épouse devait être douloureux et particulièrement humiliant. Il se réfugia dans la cuisine attenante pour guetter les secours par la fenêtre.

Quand les pompiers arrivèrent, Jennifer était étalée sur le sol, immobile. Octave leur dit simplement “Je n’ai rien pu faire.” Il y eut une enquête, simple routine qui confirma la mort accidentelle. Les parents d’Octave l’aidèrent dans ses démarches, aussi secrètement soulagés que lui. Le jour de l’enterrement, le boucher pleura sur l’épaule d’Octave. Ce dernier lui assura qu’il ne lui en voulait pas, se retint d’ajouter “Au contraire” et le remercia d’être venu. 

Octave se sentait comme un homme qui a vécu enfermé dans une pièce sombre pendant des années et qui redécouvre le bonheur de l’air frais. Il n’était pas triste, mais soulagé et s’efforçait de ne pas trop le montrer. Il pensait à tout ce qu’il allait pouvoir faire désormais. Il avait tort. Il n’avait pas tenu compte de Georges.

Si ce chapitre vous a plu, si vous êtes curieux d’en savoir plus, la suite est disponible ici.

Le Monde d’Après (Extrait)

Une lumière atténuée par des bancs de brouillard filtrait par une grande fenêtre à petits carreaux, soulignant les contours fantomatiques de la scène qui se déroulait sous mes yeux. Une jeune femme assise de trois quarts dans un fauteuil à haut dossier. Je ne distinguais que la courbe de son visage et son oreille délicatement ourlée au lobe ornée d’une perle. Ses cheveux clairs étaient ramenés en chignon bas sur sa nuque. Elle portait une robe sombre qui semblait de coupe ancienne, tout comme la décoration de la pièce dans laquelle elle se trouvait me paraissait sortie d’un livre d’histoire. Elle ne paraissait pas avoir conscience de ma présence, concentrée sur une tâche que je ne parvenais pas à distinguer.

Je n’avais pas de point de comparaison, n’ayant pas eu le temps de grandir et d’engranger des images du Monde d’Avant, mais quelque chose clochait. Je n’osais pas m’avancer, mais je me décalais pour mieux voir l’inconnue. Elle tenait ce qui ressemblait à un petit tambour sur ses genoux et dans lequel elle piquait régulièrement une aiguille. Je compris qu’elle brodait, activité qui, pour ce que j’en savais, était désuète bien avant l’Évènement.

Elle avait des mains petites et blanches, aux longs doigts fins. Des mains charmantes, à l’exception de ses ongles : sales, noirs et ébréchés comme si leur propriétaire avait passé plusieurs heures à retourner la terre et n’avait pas jugé nécessaire de les nettoyer avant de se mettre à son ouvrage. Je me haussais sur la pointe des pieds pour avoir un meilleur point de vue sur le motif qu’elle brodait. Il était noir et je reconnus au bout de quelques instants la forme d’une araignée.

Je rabaissais les talons le plus silencieusement possible, la poitrine oppressée. Le seul bruit était celui d’une immense horloge dont le pendule découpait le temps avec un tic-tac sinistre. La femme leva son bras d’un coup sec et cassa le fil. Elle se mit à rire, un rire caquetant de vieille folle et leva le tambour à hauteur de son visage.

Je reculais, la main sur la poignée de la porte. L’araignée qu’elle venait de broder s’ébroua, grossit, passant d’une dimension à l’autre avec un bruit de déchirure. La robe de la femme se mit à grouiller et je réalisais avec horreur que ce que j’avais pris pour des motifs était une multitude d’araignées qui s’était tenue immobile le temps que la femme finisse leur sœur. Je claquais la porte et gardais la main accrochée à la poignée, redoutant de sentir cette dernière bouger.

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Y a des jours comme ça… de AGN

J’avoue… je l’ai fait.

J’ai non seulement écrit un livre, mais j’ai en plus eu l’audace de le publier via Amazon Kindle…

Je l’ai fait parce que mon histoire était enfin finie et que j’avais envie de la partager. Et mes personnages avaient envie de se lancer, pour voir si leurs répliques étaient aussi tordantes pour d’autres qu’elles le sont pour moi.

J’ai eu un commentaire qui m’a fait extrêmement plaisir : une de mes lectrices a parfaitement compris ce que j’avais voulu faire.

J’avais envie de raconter une histoire qui serait une grosse blague, du début à la fin, un hommage au film « Mais… qui a tué Harry ? » de Alfred Hitchcock et au roman « Malone et le cadavre en fuite » de Craig Rice :

Quand on se retrouve un matin, avec la gueule de bois, un cadavre dans son lit et la police à la porte d’entrée, vous reconnaîtrez que la journée s’annonce mal… alors oui, j’ai pu compter sur l’aide de mes voisins, mais entre leurs gaffes et ce satané cadavre qui était incapable de rester en place, ma journée a été plutôt compliquée : laissez-moi vous raconter…

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