Halloween Night : Le Manoir de Alexis AUBENQUE

Si j’avais un style lapidaire, j’écrirais juste « Je n’ai pas aimé » et j’en resterais là…

Sauf que ce serait quand même injuste pour l’auteur (que je ne connaissais pas) et que ça pourrait paraître arbitraire…

Un certain nombre d’individus décident de passer quelques jours dans une baraque isolée et réputée hantée.

En ce qui concerne les histoires d’horreur, c’est un début classique. Entendons-nous bien, je n’ai rien contre les classiques bien au contraire. Je suis fascinée et très admirative du nombre de romans qui partent de ce principe et qui réussissent à se développer dans des directions inattendues ou non, mais qui font peur. De mémoire, il y a Maison hantée de Shirley Jackson ou encore Hanté de James Herbert.

Dans Le Manoir, l’auteur rassemble six étudiants caricaturaux, trois garçons (le quaterback, le mec bien, le geek) , trois filles (la cheerleader, la fille bien, la gothique), qui décident de passer le weekend d’Halloween dans une baraque isolée à la réputation douteuse. Le début ressemble au synopsis d’un mauvais film d’horreur pour adolescents, j’en avais parfaitement conscience quand j’ai acheté ce livre.

Mais, je suis très bon public et j’ai une affection particulière pour les histoires d’horreur. En plus, l’éditeur parle de l’auteur comme « un maître français du suspense (qui) détourne avec brio les codes du fantastique » et dans ma grande naïveté, je lui ai fait confiance. J’aurais pas dû.

Une histoire originale est toujours un plaisir. Ce n’est pas original, c’est invraisemblable. Il y a des poupées, pourquoi pas. Un savant fou, admettons. Une secte d’adorateurs de Satan, ça commence à faire beaucoup. Quand à la fin, je n’ai pas d’autres mots pour la qualifier que « bof ».

Le manque d’originalité d’une histoire peut ne pas trop lui porter préjudice si c’est bien écrit. C’est pas bien écrit.

Les traits d’humour peuvent faire passer un bon moment : des répliques ironiques et drôles peuvent repêcher une histoire. C’est pas drôle.

Des personnages attachants et bien travaillés éveillent souvent l’intérêt. Ils sont caricaturaux et l’une d’elle est particulièrement idiote (et non, je ne parle pas de la cheerleader).

J’ai fait quelques recherches sur l’auteur : il a une cinquantaine d’années. En m’efforçant ce weekend à finir ce livre, j’avais l’impression de lire un texte écrit par un adolescent, pas très adroit.

Donc, j’ai pas aimé et je ne recommande pas.

ça

La première fois que j’ai lu ce roman de Stephen King, j’étais encore au lycée. Je l’ai lu dans l’édition de poche, celle en trois volumes. J’avais énormément de mal à le lâcher, quitte à expédier mes devoirs, parce que je voulais savoir ce qui allait se passer.

J’étais en train de terminer le premier volume, assise à mon bureau, impatiente de connaître le suite du récit de Beverly Marsh. Je me suis levée pour prendre le deuxième volume et j’en ai profité pour allumer, la nuit tombant vite à cette époque de l’année.

Je me suis assise et là, je me suis aperçue que mes jambes étaient dans le noir, sous le bureau. Un noir profond, insondable qui pouvait abriter n’importe quoi… et pourquoi pas un clown sanguinaire. J’ai regardé mes jambes, j’ai regardé mon livre, puis je me suis décidée : je me suis assise en tailleur sur mon bureau et j’ai continué à lire.

 

Les Autres de James HERBERT

Nicholas DISMAS est un enquêteur à la tête de sa propre agence. Abandonné à la naissance par une mère qui n’a pas pu assumer ses difformités, il réussit à se créer une vie plutôt agréable grâce à ses amis et à son travail, en dépit des remarques ou des regards blessants qu’un grande partie de la société lui impose. Engagé pour retrouver le fils disparu à la naissance d’une riche veuve, il va devoir faire équipe avec une voyante, enquêter sur des pratiques monstrueuses et apprendre qui il est vraiment.

J’aime bien les livres de James Herbert, et ce roman ne fait pas exception à la règle, en dépit de ses nombreuses longueurs. Je regrette le premier chapitre qui à mon avis en dévoile trop sur l’histoire à venir. Dismas, qui porte le nom du criminel crucifié en même temps que Jésus et qui se repentit, est un personnage attachant : il ne se laisse pas abattre par ses handicaps et assume ses bons et ses mauvais côtés.

Ce roman m’a fait passer un bon moment, même si certains développements étaient selon moi un poil trop prévisibles. A lire si vous en avez l’occasion.

Nuit d’été de Dan SIMMONS

Nuit d'été

Le dernier jour des cours dans Old Central, vieille école vouée à la démolition, un enfant disparaît. Personne ne croit sa sœur quand elle affirme qu’il n’est jamais sorti de l’établissement. Après tout, elle est bizarre et fait partie d’une des familles les plus pauvres de la ville. Certains élèves décident quand même de mettre à profit une partie de leurs vacances d’été pour enquêter. Ce qui commence comme un jeu vire très vite au cauchemar, entre les apparitions et les chuchotements dans le noir.

Nuit d’été commence sur des chapeaux de roues. Contrairement à d’autres romans de Dan Simmons où l’action est entravée par des tonnes d’explications scientifiques ou techniques, on ne s’ennuie pas un seul instant en suivant ces garçons d’une douzaine d’années confrontés à l’horreur et à la mort. Les enfants ont cette faculté de croire qui disparaît chez les adultes et qui leur permet de voir ce qui échappe à leurs parents.

Ce roman fait partie de mes préférés. Les héros sont très attachants : Mike l’enfant de Chœur, avec sa foi touchante ou Duane le surdoué qui passe son temps à écrire, pour ne citer qu’eux. Il n’y a rien à jeter dans ce roman, l’histoire est très bien écrite et prenante. Hautement recommandé pour passer un très bon moment.

L’Évangile cannibale de Fabien CLAVEL

Prévenus par leur doyenne, des petits vieux se claquemurent dans leur maison de retraite, les Muriers, pendant quarante jours et quarante nuits. Quand ils se décident à sortir, ils se retrouvent à errer dans un Paris plus désert qu’au mois d’Août à l’exception des zombies.

Le quatrième de couverture pose une question existentielle : « Qui se déplace le plus vite… un zombie ou un petit vieux en déambulateur ? » Ça m’a fait rire et je me suis dit que ce roman pouvait être marrant. Et puis la couverture de David Hartman est vraiment sympa. Alors, après l’avoir reluqué au cours de nombreuses visites chez mon libraire préféré, je l’ai pris. J’aurais dû me méfier.

Le narrateur prévient dès la première phrase : « Je suis un salopard. » Il ne ment pas. Il existe dans la littérature et dans la vie, des salopards qui ont des côtés attachants et qu’on ne peut pas s’empêcher d’apprécier en dépit de tout.. Ce n’est pas le cas de Mathieu, vieillard aigri, dont je me dis que sa femme a bien fait de l’envoyer aux Muriers pour profiter tranquillement des années qui lui restent.

L’idée de départ est bonne, et même si le narrateur est antipathique au possible, ce roman aurait pu être bien. D’ailleurs, selon certaines critiques il l’est. Je n’ai pas aimé l’histoire et certains passages m’ont choquée. En écrivant ces mots, j’ai l’impression d’être une vieille dame en dentelles qui regarde le monde à travers son face-à-main, mais je ne sais pas comment l’expliquer autrement. Je ne recommanderais pas ce livre.

Les puits de l’enfer de Graham MASTERTON

A la suite de fortes pluies, l’eau du puits de la famille Bodine installée dans une ferme à proximité de New Milford prend une teinte jaunâtre. Mason, le plombier appelé à la rescousse repart avec un échantillon et le récit du cauchemar de Jimmy Bodine, qui se noie dans de l’eau qui se trouve loin, très loin sous terre. Et bientôt l’eau a d’épouvantables conséquences sur l’apparence de ceux qui l’ont bu et des meurtres atroces se produisent dans la région.

Petit aparté avant de vous parler de ce roman : j’éprouve une grande affection pour la défunte collection Terreur de chez Pocket. Grâce à elle, j’ai pu enrichir les étagères de mes bibliothèques de beaucoup de livres d’horreur tout au long des années et je continue à le faire quand je fouille les piles de livres d’occasion, à la recherche de LA pépite qui ne serait pas encore passée entre mes mains. Bizarrement, j’ai trouvé « Les puits de l’enfer » sur mon lieu de travail. Une bibliothèque de prêt a été mise en place il y a quelques mois, occupée essentiellement par un nombre sidérant d’Agatha Christie et de quelques romans d’amour type Harlequin qui n’ont pas l’air de savoir ce qu’ils font là. La semaine dernière je suis passée en y jetant un vague coup d’œil comme d’habitude (je jette toujours un vague coup d’oeil sur tout entassement de livres que je croise sur mon chemin, c’est plus fort que moi) et là, mon regard a été attiré par une couverture noire avec un lettrage rouge que j’ai immédiatement identifiée comme étant un terreur de Pocket. J’aime beaucoup leur couverture et surtout leurs illustrations. Je me suis jetée dessus, pas si métaphoriquement parlant que ça, et là, j’ai eu l’excellente surprise de tomber sur un Graham Masterton que je ne connaissais pas. Cette trouvaille a illuminé ma journée et aboutit à cet article consacré bien plus à ce coup de chance qu’au roman lui-même.

Dans le genre horreur, Masterton n’est pas mauvais. Ce roman est intéressant pour son interprétation du culte de Cthulhu. L’horreur est présente, les personnages plutôt bien campés et Mason, le plombier, vit avec un chat du nom de Shelley qui joue un rôle non négligeable dans le roman. Mais ce dernier me fait l’effet d’un soufflé merveilleusement gonflé quand il arrive sur la table, qui ne s’effondre pas au moment du service mais qui laisse un arrière-goût un peu décevant. Je trouve la fin un poil trop rapide et même capillo-tractée.  Donc, pour moi, pas indispensable à lire mais si vous tombez dessus, l’occasion de passer quand même un bon moment.